Paris by nez – Out

Paris by nez. Paris Obs - couv« Pour Paris Obs, Emmanuelle Giron, parfumeur, a accepté de nous prêter son nez lors d’une promenade olfactive. L’objectif : nous permettre de découvrir la capitale d’un autre œil, et surtout les narines en alerte. Une excursion mise en mots par Daphnée Leportois et en images par Nadia Rabhi . Et, parce que les parfums de cette balade n’ont pu tous trouver leur place dans le magazine, voici un complément prouvant que Paris regorge d’odeurs inattendues.

Paris à vue de nez - Double page
La ville lumière ne dégage pas que des odeurs de pots d’échappement. Parfois, ses effluves rappellent des fragrances conservées en flacons. Du parfum, du vrai ! La preuve sur le parvis de la BNF, où notre nez, reniflant les cyprès en son milieu, a eu « l’impression d’être dans les Landes ». Et surtout nous a confié que cette « note résineuse, verte, cédrée, comme le crayon de papier », au nom technique de terpénique, se retrouve dans le parfum Pino Silvestre. Pas étonnant puisque celui-ci est le référent des notes conifères. Autre lieu, autre exemple. À la Foire du Trône, entre deux stands de kebab, on peut distinguer des relents de « friture sucrée, un peu caramel », et, quand une foraine nous prépare une cotonneuse barbe à papa, un arôme fraise doucereux comme du sirop. Rien de tel pour se remémorer le parfum Angel, de Thierry Mugler, qui a concentré en un flacon l’ambiance de fête foraine et « a lancé tous les fruités gourmands ».
Attention, tout ce que vous sentirez dans la nature ne se retrouve pas automatiquement distillé pour que vous puissiez vous parfumer avec. « Si vous mettez des fruits dans un alambic, vous n’obtenez pas d’huile essentielle, seulement de l’alcool de fruit », rappelle avec amusement Emmanuelle Giron. Les fragrances fruitées ont donc pour mère la chimie… et non la nature. Des molécules de synthèse que l’on retrouve au cours de notre balade dans les détergents et produits d’entretien des transports en commun : « citron bon marché » lorsque l’on emprunte la ligne 5 à Gare-d’Austerlitz, « fraise chimique » à la station Porte-Dorée, sur la 8. Écœurant ? Pas forcément. L’avantage du parfumeur, c’est « peut-être de capter plus vite les odeurs mais aussi de savoir s’en débarrasser plus rapidement et de relativiser l’agression olfactive ». S’il n’y a pas pour elle de mauvaise odeur, c’est aussi parce qu’elle n’est pas un Jean-Baptiste Grenouille, sans cesse happé par les senteurs environnantes : « Sinon, ce serait épouvantable. » Voyez, rien ne vous empêche de parcourir vous aussi Paris by nez. Daphnée Leportois.

Numéro 2583, paru le mercredi 7 mai 2014.

  • /// "Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois" Roland Barthes ///

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